On ne badine pas avec les fiançailles
Bien que l'Église ait reconnu la possibilité de dissoudre des fiançailles, celles-ci restent, dans toute la chrétienté, un enga¬gement extrêmement sérieux. À Florence, malheur à celui qui veut rompre sa promesse de mariage : en 1215, un jeune Florentin du nom de Buondelmontc est fiancé à une fille Amidei lorsqu'il rencontre une douce damoiselle qui lui ravi son cœur. Il souhaite l'épouser. La famille Amidei offensée par la rupture des fiançailles, décide de laver son honneur en assassinant le jeune Buondelmonto le jour môme de ses noces. En Amérique du Sud, à l'époque de la Conquête, on doit verser un important dédommagement si d'aventure, on annule ses fiançailles ; en Hollande, une rupture constitue un délit relevant des tribunaux civils. Le contrat et même l'anneau de fiançailles font figure de preuves. A défaut, on exhibe le tribunal des lettres d'amour.
Car les fiançailles entraînent une obligation de conscienc vis-a-vis du mariage. On peut demander à la justice de faire e rengagement pris. La justice peut obliger au mariage réclamer des indemnités, des dommages et intérêts pour les abandonnés. Au XVIIe siècle encore, on ne badinait pas avec les promesse de mariage. Henri IV. notre Vert Galant, brûlant de désir
pour brune et piquante Henriette d'Entragues, en sait quelque Quelques mois avant les noces du roi avec Marie de Henriette lui extorqua une promesse de mariage écrite es temps troublés de conspirations et de complots, faillit lui coûter son trône. Arme redoutable dans les mains intrigante, cette promesse rendait contestable toute :érieure avec une autre femme, fût-elle de très haute et du même coup, illégitimait le dauphin Louis.