Comptes et contratsde mariage
Les premiers contrats de mariage qui nous vienneni d'Egypte remontent aux alen¬tours de l'an 900 avant Jésus-Christ. Ces textes écrits, parfois rédigés au bout de plu¬sieurs années de vie commune, ne servaient qu'en cas de divorce ou de veuvage pour protéger la femme et distribuer l'héritage. Dans une Egypte où le mariage ne dépend ni des lois ni de la religion, les contrats ont une grande importance : ils renforcent l'union uniquement fondée sur l'entente de deux êtres et la naissance d'enfants. Ces contrats précisent ce que l'homme et la femme déposent dans l'escarcelle commune au moment du mariage et ce que l'épouse a le droit de recevoir en regard de ce qui a été acquis en commun durant le temps de l'union. L'égyptologue Christiane Desroches-Noblecourt cite cette convention passée entre deux époux : « Je t'ai prise pour
femme, je t'ai donn. Si je te répudie en tant que
femme, soit que je te haïsse, soit que je veuille une autre femme que toi, je te donnerai , et je te
donnerai aussi un tiers de ce qui aura été acquis entre nous, à partit d'aujourd'hui. »
A Rome, comme à Athènes, il existe un contrat de dot. Mais cette formalité n'appelle pas forcément la présence d'un officier ministériel. Le mariage est un événement privé qui n'est sanctionné par aucun pouvoir public, une déclara non devant témoin suffisant à le rendre valable. Généralement, à Rome, il y a séparation d'intérêts entre les époux et apport d'une dot composée d'argent, de meubles, parfois d'immeubles ou de terrains si le père le désire ou le peut. En échange de cette dot, le père demande une garantie hypothécaire sur les biens de son gendre, garantie gravée par exemple sur l'immeuble hypothéqué. On - retrouvé des inscriptions comme celle-ci : « Terrain -hypothéqué à XXX pour sa dot ».