Le mariage d'amour

« Je n'avais rien à redire au mariage comme institution, et j'admettais volontiers qu'il peut être une condition du bonheur. En vérité, je comptais bien me marier un jour, mais je répugnais à l'idée d'un mariage arrangé. » Une position qui nous semble bien naturelle aujourd'hui, et qui l'était déjà dans les années 1930, époque où la littérature, les moralistes chrétiens ou laïcs, le législateur même luttent pour la généralisation du mariage d'amour. Position que d'aucuns trouvent extrêmement choquante sous la plume du duc de Windsor, ci-devant Edouard VIII, roi d'Angleterre redescendu de son' trône pour l'amour d'une femme. Pourtant, celui qu'on présentait dès son intronisation comme « un roi moderne » refaisait que refléter les conceptions de son époque. Si l'abdication d'Edouard VIII stupéfia l'Angleterre, c'est qu'elle en avait fait son « prince charmant », un séducteur inter national virevoltant dans les bals de la cour et les boîtes de nuit américaines, qui n'en finissait pas de jeter la gourme viçtotienne en attendant de la reprendre sagement quand il irait sur le trône. Les journaux anglais et les brochures de l'époque ne connaissent pas le nom de Wallis Simpson, que vont bientôt imprimer en capitales. Le prince de Galles aux mille danseuses reste célibataire par « crainte de décevoir et d'appelées pour une seule élue », se rassure-t-on. Les nuits dansantes de l'héritier dans les cafés de banlieue son un « plaisirs innocents, désormais interdits à Edouard ' confirme-t-on car Les Anglais aiment que leur prince de t soit aimé. À quarante et un ans, ils attendent un roi ra Les clichés sont alors vieux de cent ans et ne sera valables que pour la haute aristocratie et la famille royale. C'est l'opposition que l'on trouve chez Balzac entre les manières d'Ancien Régime (le badinage amoureux et insouciant) et le mariage bourgeois (de raison et non d'amour).