Les maîtres du protocole

Borniol : C'est un peu inattendu, mais cela s'ex¬plique aisément : chez Borniol, l'insti¬tution bien connue de tout le Who's Wfto ?, les familles qui ont pris contact avec la société dans des circonstances plus délicates demandent couramment par la suite, à la maison, de s'occuper du protocole du mariage. En général, la présence du chef de protocole et de ses adjoints est requise seulement à la cérémonie religieuse, d'après monsieur Guichot, responsable du protocole chez Borniol. Mais cela peut aller jusqu'à la réception. Cela se passe ainsi : les deux ou trois personnes requises pour l'organisation rencontrent les parents avant, visitent les lieux. Puis, lors du mariage et au cours du défilé des félicitations, elles se chargent de faire passer les personnali¬tés avant tout le monde pour ne pas les faire attendre : il peut s'agir d'un prince, d'un général, d'une personnalité politique, d'un PDG... Les parents n'ont plus alors qu'à s'occuper d'eux-mêmes. Mais les chefs de protocole peuvent aussi s'occuper de conseiller la mariée : veiller à ce que les enfants d'honneur fassent attention à la robe, rappeler à la mariée de relever son voile une fois le mariage prononcé. Et puis, les envoyés de la maison peuvent aussi mettre de l'ordre sur le parvis et dans l'église. Il est normal que la mariée entre et sorte dans et d'une église pleine. Il y aura toujours quelques personnes qui l'attendront sur le parvis à sa sortie pour la photographier, lui lancer des grains de riz, etc. Pour répondre à la question d'un auditeur d'Europe 1 qui me demandait, lors de l'émission de Laurent Cabrol, si l'on baisait la main d'une jeune mariée, monsieur Guichot remarque que si, en principe, on ne fait pas de baisemain dans une église ou dans un lieu public, maintenant, cela se fait... Tout évolue, avec l'Église entre autres, souligne monsieur Guichot qui précise que les guides du protocole des années 50 sont encore d'usage. Une référence : le guide du protocole et des usages, du Préfet Jacques Gandoin, chez Stock. J'ai, au cours de signatures de mes guides sur le mariage, rencontré fréquemment des belles-mamans me demandant si elles pouvaient porter chapeau et robe longue pendant un mariage. Monsieur Guichot confirme que la robe longue, le soir, est parfaite¬ment admise. Mais il nuance pour le port du chapeau, en soulignant que cela fait partie de la toilette de la femme et qu'ainsi elle peut le garder au déjeuner. Mais pas le soir avec la robe longue. Là, à la limite, une plume ou un diadème... Listez bien par écrit tout ce que vous avez réservé à chaque fois ! Enregistrez tout, dès le début, sur ordinateur. Réimprimez vos fichiers de temps en temps, et glissez-les dans un clas¬seur. Si vous ne faites pas appel à des prestataires de service, armez-vous d'un ordinateur et d'un classeur pour saisir et classer vos bons de commande, devis, et autres mensurations... Une bonne recette pour mener les opérations à bon terme. Vous pouvez peut-être, comme les Japonais qui se marient en France pour éviter la coutume qui consiste à offrir des cadeaux à tous leurs invités, vous marier à l'étranger, en vacances, et pas forcément sous le soleil puisque l'Irlande et l'Ecosse n'ont pas de saison pour le tourisme.« Mariage pluvieux, mariage heureux », après tout... Et en ce cas, aucun de ces préparatifs ne sera nécessaire, sauf peut-être vos tenues de mariage. Il faudra juste régulariser votre situation une fois revenus en France. Prévoyez un dossier « enfants » , dans votre organisation, comprenant les robes et les costumes des enfants d'honneur. Réservez une salle ou une tente à part pour qu'ils puissent jouer, à la limite se restaurer, se désaltérer et dormir. Et des nounous pour les amuser, les surveiller, les garder et leur faire prendre leur repas avant de surveiller leur sommeil. Le tout est d'être discret, avec une cérémonie intime, s'il s'agit d'un remariage dans une famille qui suit les traditions. Le temps arrange tout. Le point de repère, c'est de ne provoquer ni humilier personne par un trop grand battage... Vous annoncerez en ce cas vôtre mariage vous-même, dans la presse.